Page:La Revue blanche, t20, 1899.djvu/298

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pour le moment, et vos lecteurs, comme mes électeurs, auront à me juger sur mes actes.

Vous me demandez si j’ai fait quelques publications ; comme je vous l’expliquais au début de ce résumé succinct, les soins de mon exploitation me laissaient peu de loisirs, que je devais occuper surtout à des lectures et à des études purement techniques. Néanmoins, en feuilletant la collection du Petit Tambour du Plateau-Central, on retrouverait un certain nombre d’articles parus sous divers pseudonymes, et notamment une série de « lettres du village », signées Jacques Bonhomme, où, sous une forme plaisante et avec des allusions locales, je discutais des problèmes économiques et sociaux : Voir en particulier les lettres ayant trait à l’échelle mobile, au privilège des bouilleurs de cru, et aux Bourses de Travail. À noter également une plaquette sur Kléber et Marceau, discours prononcé par moi à l’inauguration du nouveau groupe scolaire de Saint-Hermentaire, et dont plusieurs extraits furent cités avec éloges par M. Edouard Petit, le savant pédagogue.

Quant aux distinctions honorifiques, dire simplement que je n’en ai jamais sollicité.

La photographie que je vous envoie n’est qu’une photographie d’amateur, je puis même vous dire que c’est l’œuvre de ma fille. Notre photographe habituel de La Marche va tous les ans s’installer pendant la saison à la Bourboule, et il n’est pas encore revenu. D’ailleurs, cette photographie ne me paraît pas mauvaise, et naturellement je n’en avais pas d’autres dans les conditions que vous m’avez soulignées, c’est-à-dire en habit, portant mon écharpe en sautoir, et, à la boutonnière, mon baromètre de député.

Ci-joint également la somme de vingt-six francs en mandat-poste, pour frais réclamés de gravure, correspondance et publicité.

Agréez, Monsieur le Directeur, l’expression de mes sentiments très distingués.

Martin-Martin
Député du Plateau-Central.

P. S. — Mon beau-père me télégraphie à l’instant la mort de son collègue plus âgé de l’Ardèche ; vous pourrez donc imprimer que mon beau-père, Martin-Bedu, reste le doyen des maires de France, avec M. Canat, de la Drôme.

Mademoiselle Germaine Tirebois, chez Monsieur Tirebois, architecte, 88, boulevard Pereire, Paris.
Ma chère Germaine.

Vous êtes bien gentille de tant insister pour savoir la date de notre arrivée à Paris ; mais nous-mêmes l’ignorons encore ; vous comprenez, cela dépendra de l’époque de la convocation des Chambres, et père dit que, dans l’état actuel, on ne peut rien prévoir de précis à ce sujet.