Page:La Revue blanche, t27, 1902.djvu/179

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nous désirons nous-mêmes. C’est ainsi. Le « Devenir identique » à notre

État idéal », c’est la Résurrection, la Résurrection du Christ, de ce résultat final anticipé de la matière en travail d’organisation d’elle même, dans toute l’humanité. Celui qui sent, pense et reconnaît cet idéal Jésus-Christ comme le développement de son être propre comme sa « lagon d’être anticipée », celui-là est organisme chrétien. Celui qui se seul, se sait, se reconnaît comme terminé, définitif, comme un produit final de développement, comme immuable, fixe, celui-là es ! un païen !

Celui qui se seul, se sait, se reconnaît comme transitoire, instable, comme s’éloignant, comme s’èloisnant de lui-même celui-là est chvétien.

Le royaume qui viendra ! L ; i régénération !

Malheur à l’opiniâtre ’.

En prise aux douleurs de l’enfantement, l’humanité lutte pour que V homme-animal ressuscite en y homme-christ. Cela est son mouvement sacré.

Il se lève, tel le jour, celui qui, dans son ombre intérieure, prend conscience de Dieu. 11 se lève dans sa propre lumière ! 11 n’a plus besoin d’un idéal transplanté du sein de l’humanité au milieu des étoiles. La foi est devenue l’interprétation. Il se lève... il se lève dans sa propre lumière !

— Ah !... dit la jeune fille, vous !

l’Ile semblait écrasée, soumise. M ; iis, tout à coup, elle frissonna.

Elle se leva. Pleine de fierté, elle dit :

Vous êtes le contraste de la nature, et il vous faut redevenir conforme à la nature. C’est pourquoi vous devez penser, vous pénétrer vous-même de voire pensée. Nous sommes la nature. Nous la sommes.

ous n’avons pas besoin de penser !

Elle eut cette li srté. Elle s’éleva vers lui, plus haut que lui...

Mi is lui, vit au travers des voiles de soie son corps idéal, copie d’art de la perfection terrestre ».

— Vous l’êtes, dit-il.

Le soir était sur le jardin, et les feuilles du tilleul embaumaient...

LE GREC


La Grèce ! Une sensualité lourde et léthargique, se résolvant toute en gaz dans le sentiment esthétique. La matière vaincue par ce qu’elle irradie — de la beauté ! De la beauté libérée, rendue au mouvement et qu’un charme a transformée en grâce !

Il était assis dans un parc. Autour de lui, sur les chemins, dans les allées, des êtres lourds et pesants... des créatures humaines !

Une robe de batiste blanche s’approche en volant... Des cheveux blond cendré, longs, lâches, des cheveux de soie. Des jambes délicates et élancées qu’enferment des bas noirs. Elle a treize ans. On voit, au-dessus du genou, passer les petits pantalons blancs. Elle vole sur le chemin avec son cerceau. Des ailes partout. Les jeux olympiques...

    1. s