Page:La Revue blanche, t27, 1902.djvu/258

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Non seulement ces messieurs ne tiennent pas compte de l’accroissement invincible des besoins (fait physiologique), de l’augmentation du coût de l’existence (principalement des loyers), mais encore ils ne disent rien du chômage, ni de la diminution du budget familial par suite de la substitution générale du travail féminin au travail masculin. Tous ces phénomènes — organiques ou économiques — sont assez importants pour réduire le salaire au taux ancien, et même au-dessous.

LES OUVRIÈRES DU VÊTEMENT

C’est dans l’enquête ouverte par l’Office du travail en 1893-94 que nous puiserons les documents qui vont nous permettre d’établir la situation des ouvrières du vêtement [1]. Nous signalerons en passant les indications instructives que nous avons recueillies dans les ouvrages particuliers de MM. d’Haussonville, Charles Benoist, Léon de Seilhac, Bonneray, etc., tout en apportant des notes et des observations personnelles et en corrigeant les erreurs inévitables qui se glissent dans ces sortes d’ouvrages.

La couture. — D’après un relevé des monographies d’ateliers de couture, l’examen des jours de travail de mille ouvrières différentes, on a pu établir cette triple distinction :

1° Ouvrières du noyau ;

2° Ouvrières de la catégorie intermédiaire ;

3° Ouvrières supplémentaires.

MONOGRAPHIES
D’ATELIERS
OUVRIÈRES
Accolade dessus.png
formant
le noyau.
Supplémen-
taires.
       
Numéros 30 13 »
31 3 5
32 2 2
33 4 7
34 8 6
35 7 8
36 6 7
37 12 4
38 6 8
39 5 12
40 8 12
41 20 »
42 15 50
43 20 49
44 15 55
45 250 250
46 5 5

Le « noyau » travaille 260, 280, 300 jours au maximum.

La catégorie intermédiaire, congédiée pendant la morte-saison, ne peut compter que sur les 38 semaines environ de la demi-saison et de la saison véritable, soit 230 jours au maximum, en réalité de 200 à 230 jours.

Les ouvrières supplémentaires ne travaillent que pendant les 26 semaines de la saison proprement dite, soit 160 jours. Le régime des extras peut faire varier cette durée approximative.

Le rapporteur fait judicieusement observer que le lecteur doit supposer, en comparant les résultats précédents, que les ouvrières n’ont

  1. Rapport de M. Pierre du Maroussem.