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LE MUSÉON.

tout l’épisode est antidaté ; c’est le Bouddha lui-même, qui, après avoir autorisé le « keeping food indoors » etc., retire cette concession[1].

§ 12. Ānanda prend la parole : « Bhagavat m’a dit au moment de sa mort : Que le Saṁgha, Ānanda, quand je serai mort, impose le brahmadaṇḍa[2] au bhikkhu Channa. » Et sur la demande des theras, — Kāçyapa ne joue ici aucun rôle non plus que dans le chapitre des manquements d’Ānanda[3], — le disciple confident explique quel est ce châtiment : « Que le bhikkhu Channa dise ce qui lui plaît ; les bhikkhus ne lui parleront pas, ne l’exhorteront pas, ne l’avertiront pas ». Il accepte d’aller signifier cette sentence à Channa, mais accompagné d’un groupe de frères, de cinq cents frères, « car ce bhikkhu est passionné et rude ».

Les §§ 13-14 sont consacrés à un épisode du voyage d’Ānanda en quête de Channa[4] : sa rencontre avec les femmes du roi Udena et sa conversation avec ce roi. Le récit est intéressant et n’est pas un hors-d’œuvre dans un livre de Vinaya, car il est question de l’emploi des

  1. Pour superposer la liste des Dharmaguptas à celle du Culla (sept points), il suffit de combiner le 4 et le 7 des premiers : « taking miscellaneous fruits of one’s own accord ».
  2. brahmadaṇḍa = « the higher penalty ». Cette expression ne se rencontre qu’ici et Mahāparinibbānas. VI 4. — Voir Kern, Gesch. II, p. 118-119. — Channa avait déjà encouru de graves pénalités, voir Culla, I. 25-31.
  3. Dans d’autres sources (voir p. 26), c’est Kāçyapa qui porte la parole contre Ānanda.
  4. Wassilief, ad Tāranātha, p. 291 : « D’après la tradition du Vinaya chinois, à l’époque du premier concile, le bhiksu Chanda créa à Kauçāmbī une division parmi les religieux et Ānanda fut envoyé pour régler les choses ».