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SAPHO, DOMPTEUSE

John recevait ses visiteuses avec une grâce sans égale, leur offrait des vins généreux dans des coupes byzantines et des biscuits sur des plateaux incrustés de pierreries.

Les petites femmes passaient là des heures charmantes, au milieu des fleurs et des vapeurs d’encens, dans la griserie des hommages délicats offerts à leur beauté.

Et c’est là que Melcy posa, dès le lendemain, afin de laisser à son bon ami Joseph Laroube un souvenir durable.

Debout, devant sa harpe égyptienne, elle appelait les caresses de son grand serpent Pluton qui se tordait à ses pieds.

Mais John Roberts avait déclaré qu’il était inutile d’apporter cet hôte un peu inquiétant, et qu’il saurait bien peindre un boa de chic.

Melcy posait donc, et son corps fin s’érigeait parmi les soies et les ors. Des pendeloques de rubis et d’opales lui tombaient sur les joues ; un merveilleux collier de perles mettait sur sa jeune poitrine des lueurs laiteuses.

— Vous chantez pour charmer votre reptile ? demanda l’artiste.