Page:Labiche - Théâtre complet, Calman-Lévy, 1898, volume 01.djvu/159

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Scène première

Un salon. — Porte au fond. — Portes latérales. — Une fenêtre. — Des tables de jeu préparées à droite et à gauche.



Prunette, à la cantonade

Vous n’y êtes pour personne ! bien ! monsieur !… (Au public.) En voilà un bourgeois sauvage et désagréable !… Ordinairement les vieux garçons… c’est un tas de farceurs… Mais celui-là, il vit tout seul, dans des endroits noirs, comme un colimaçon !… Dans ce moment, il se rase… en se rasant, il se coupe… et, pour arrêter le sang, il cherche des toiles d’araignée… il n’en trouve pas, et alors il bougonne… Ah ! et puis il a encore un autre tic… quand il a fini sa barbe… il va se recoucher. Il se lève tard, très tard, afin, dit-il, de contempler moins longtemps ses semblables… Tiens, à propos de semblables… j’ai oublié d’acheter du mouron pour le serin à Monsieur… Le seul être qu’il aime ici-bas… Je vais lui donner du sucre… (Elle prend un morceau de sucre et le donne au serin, dans la cage appendue