Page:Labiche - Théâtre complet, Calman-Lévy, 1898, volume 01.djvu/203

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sa volonté… pas à la mienne !… Ah ça ! mais je suis dans la position de Laocoon… avec un Auvergnat qui me serpente autour du cou… qui m’étrangle… qui m’étouffe !… Comment faire pour le renvoyer dans ses sales montagnes, dans son savoyard de Puy-de-Dôme ? (Tout à coup.) Oh ! je conçois un vaste dessein !… une idée machiavélique… mais tellement machiavélique, que je n’ose pas me la confier à moi-même… Si je pouvais trouver sous ma main un ange assez déchu… pour lui dire… Ah ! Prunette !


Prunette, à part.

J’ai reporté l’ombrelle !… elle est sauvée !…


Chiffonnet.

Prunette… tu as fait un coup de maître tout à l’heure ; je t’en sais bon gré… Regarde-moi… je dois avoir quelque chose de méphistophélistique dans l’œil ?


Prunette.

Il vous est entré quelque chose dans l’œil ?


Chiffonnet.

Comment trouves-tu le petit ami que je me suis procuré ce matin ?


Prunette.

Machavoine ?


Chiffonnet.

Oui.


Prunette.

Dame… monsieur… je le trouve bel homme.


Chiffonnet.

Très bien… Prunette, il faut croiser les races… J’ai envie de te le donner en mariage.