Page:Labiche - Théâtre complet, Calman-Lévy, 1898, volume 01.djvu/95

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Fadinard.

C’est que… ma demande va vous paraître bien fantasque… bien folle…


La Baronne, à part.

Ah ! mon Dieu, je crois qu’il a regardé mes souliers !


Fadinard.

Entre nous, voyez-vous, je suis un drôle de corps… Vous savez… les artistes !… et il me passe par la tête mille fantaisies.


La Baronne.

Je le sais.


Fadinard.

Ah ! tant mieux !… et quand on refuse de les satisfaire… ça me prend ici… à la gorge… je parle comme ça… (Stimulant l’extinction de voix.) Impossible de chanter !…


La Baronne, à part.

Ah ! mon Dieu ! et mon concert ! (Haut.) Parlez, monsieur, que vous faut-il ? que désirez-vous ?


Fadinard.

Ah ! voilà !… c’est très difficile à demander…


La Baronne, à part.

Il me fait peur… il ne regarde plus mes souliers.


Fadinard.

Je sens que, si vous ne m’encouragez pas un peu.. c’est tellement en dehors des usages…


La Baronne, vivement.

Mon bouquet peut-être ?


Fadinard.

Non, ce n’est pas cela… c’est infiniment plus excentrique…