Page:Labiche - Théâtre complet, Calman-Lévy, 1898, volume 02.djvu/476

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du secret, à trois ou quatre dames dont je connais l’indiscrétion… le mariage de M. Magis avec ma pupille… Ca fermente ; tout à l’heure ça va éclater… la tante sera furieuse… elle en appellera au conseil de famille. Il me faudrait, pour me présenter devant lui, un bon motif de refus… un motif sérieux. Il doit avoir un vice, ce militaire ou tout au moins une faiblesse. Si je pouvais la découvrir… ce serait un coup de maître. (Apercevant Bernard qui traverse le salon ; il tient un plateau où se trouvent des rafraîchissements.) Son domestique ! il ne doit pas être bien fin. Essayons ! (Haut.) Mon ami, donnez-moi un verre d’eau sucrée, je vous prie.


Bernard, s’approchant.

Voilà, monsieur.


Désambois.

Y a-t-il longtemps que vous êtes au service du capitaine Tic ?


Bernard.

Voilà bientôt dix ans.


Désambois.

Ah ! cela fait votre éloge. (Tirant de sa poche un billet de banque.) Tenez, prenez ce billet de cent francs, et répondez à mes questions.


Bernard, à part, prenant le billet.

Tiens, méfions-nous !


Désambois.

J’aime beaucoup le capitaine… Il est gai, franc… un peu vif peut-être… un peu querelleur, hein ?


Bernard.

Lui ? Pour la patience et la douceur, il rendrait des points à un mouton.