Page:Labiche - Théâtre complet, Calman-Lévy, 1898, volume 10.djvu/16

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chose que la vie ! il y a des hommes qui ont toutes les femmes, tandis que les autres… Mais comment t’y prenais-tu ? Car enfin tu n’es pas plus beau que moi.


Agénor.

Plus mince… beaucoup plus mince… et puis le prestige de l’épaulette !


Martin.

Et d’un beau nom ! c’est quelque chose ! Agénor Montgommier !… en déplaçant une lettre ça fait Montgommeri ! grande maison ! tandis que moi je m’appelle Ferdinand Martin, petite enseigne… Dire que, si ma famille n’avait pas quitté le Guatemala, je m’appellerais Hernandez Martinez comme mon cousin… Voilà un nom à femmes ! et que, si j’avais su monter à cheval, j’aurais pu être comme toi dans l’état-major de la garde nationale… quand il y en avait une… Pas de chance !


Agénor.

Tu perds onze cents points.


Martin.

Pas de chance ! Soufflons un peu.

Pionceux entre et pose la bière et les verres sur la table.


Pionceux.

Voici la bière ; mais vous avez bien tort d’en boire, gros comme vous êtes.


Martin.

Veux-tu me laisser tranquille, toi !


Pionceux.

Ca me fait mal de voir détériorer le nourrisson de ma mère.


Martin, se levant.

Je n’engraisse plus… j’ai fait mon effet.