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l’importation en mettant une taxe de cinq pour cent, et plus tard de dix pour cent sur chaque esclave introduit dans l’État. Mais ce droit n’empêcha point un commerce des plus considérables, et nous voyons que de 1671 à 1790, dans un espace de cent dix-neuf ans, le nombre des noirs s’était élevé de deux mille à deux cent trois mille quatre cent vingt-sept, c’est-à-dire dans la proportion de un à cent quarante-neuf, tandis que la population blanche était montée de trente-huit mille à quatre cent cinquante mille huit cent quatre-vingt-un, c’est-à-dire n’avait augmenté que dans la proportion de un à douze. Depuis lors, l’importation des nègres a été prohibée, et le mouvement des deux populations a été à peu près le même, avec un faible avantage pour les blancs[1].

Ce n’est pas le moment de discuter la question de l’esclavage, cette lèpre de l’Amérique, ce tissu de Nessus qui la rongera si elle ne l’arrache avec le courage indomptable dont elle a déjà donné tant de preuves ; mais il est à propos de dire quel fut l’effet de l’introduction des nègres et des engagés sur la colonisation de la Virginie et le caractère des habitants. Ce n’est pas la première fois que le bien sort du mal en donnant des résultats imprévus.

Au début de la plantation, la facilité de trouver

  1. Tucker, Progress of the United States in population and Wealth in fifty years, p. 55.