Page:Laboulaye - Histoire politique des États-Unis, tome 1.djvu/193

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qu’une brute ou un esclave dans la dépendance de la main qui le nourrit. La propriété est la condition première de la liberté, et elle est tellement dans la nature de l’homme, que le pays le plus éclairé, le plus heureux, le mieux constitué est toujours celui qui compte le plus grand nombre de propriétaires. L’Amérique, au besoin, serait la démonstration éclatante de cette vérité.

Du reste, à New-Plymouth comme en Virginie, le partage du sol rendit aussitôt le courage aux émigrants et ranima leur activité. Dès qu’on cultiva pour soi, les femmes et les enfants même se mirent à l’œuvre, et en peu d’années la plantation, où, sous le régime de la communauté, on était mort de faim, fit un commerce de grains assez considérable pour nourrir ses voisins.

Revenons au gouvernement de la colonie. Ce gouvernement, établi entre quarante chefs de famille (c’est le nombre des signataires de l’acte), tous frères par la foi et la souffrance, égaux de condition et de fortune, que pouvait-il être, sinon une pure démocratie ? Il n’y avait pas là un chef guerrier partageant la terre entre ses compagnons d’armes, suivant leur mérite et leurs exploits. Il n’y avait pas davantage un noble seigneur payant de ses deniers la terre qu’il distribue, à des conditions diverses, aux colons qu’il agrée. L’égalité était absolue entre les pèlerins ; ils l’avaient payée au prix de la persécution, de la pau-