Page:Laboulaye - Histoire politique des États-Unis, tome 1.djvu/238

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hison, le meurtre, le faux témoignage, l’adultère, la révolte du fils en certains cas, étaient punis de mort, parce que Moïse l’avait ainsi ordonné ; quant au vol, les lois de Massachussets refusent de le considérer comme un crime capital, malgré les prescriptions des lois anglaises, par cette raison, est-il dit, que nous lisons autrement dans les saintes Écritures.

Dans une société où la Bible était la loi de l’État, où le magistrat et le prêtre se confondaient, c’était une conséquence toute naturelle que la morale, qu’on ne séparait point du culte, fût dans les attributions de l’autorité. De là une suite de règlements touchant la vie privée qui nous étonnent par leur sévérité, et dont les plus curieux sont restés célèbres sous le nom de Lois bleues.

Il n’est point de péché que dans la Nouvelle-Angleterre on ne punît de la main du magistrat ; on a vu que l’adultère emportait la mort. Ce châtiment, ce n’était pas seulement, comme dans nos lois, la vengeance de l’époux outragé, c’était encore la punition du péché. L’historien de Massachussets, Hutchinson, nous rapporte, à la date de l’année 1643, un exemple singulier de cette confusion de la morale et du droit[1].

Une femme mariée avait eu des relations avec

  1. Tocqueville, I, 61.