Page:Laboulaye - Histoire politique des États-Unis, tome 1.djvu/365

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double émigration vint en changer l’esprit. La première se composa de protestants venus d’Europe ; la seconde, plus nombreuse, vint de la Nouvelle-Angleterre.

Il se fit une émigration considérable d’Europe à la Nouvelle-Belgique, parce que la Compagnie des Indes, fidèle aux maximes de tolérance qui avaient fait la fortune de la Hollande, transporta ces généreuses idées dans le nouveau monde. Le gouverneur ayant emprisonné des quakers en 1660, les directeurs de la Compagnie lui écrivirent pour l’en blâmer :

Que tout citoyen paisible, dirent-ils, jouisse de la liberté. Cette maxime a fait de notre Cité d’Amsterdam l’asyle des exilés de tout pays. Marchez sur ces traces et vous ferez bien.

Dans sa générosité, Amsterdam offrait aux fugitifs, pour cause de religion, un libre passage à la colonie et un accueil assuré ; aussi quand les églises protestantes de la Rochelle furent rasées, les calvinistes émigrèrent-ils en masse vers les nouveaux Pays-Bas, où ils fondèrent la Nouvelle-Rochelle, comme un souvenir touchant de la patrie qui les repoussait de son sein. Le nombre de ces émigrants fut assez élevé pour que, pendant quelque temps, on rédigeât les actes publics en français en même temps qu’en anglais et en hollandais.

C’est là aussi qu’émigrèrent les Juifs, que