Page:Laboulaye - Histoire politique des États-Unis, tome 1.djvu/379

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rent, celle de la Nouvelle-York, et celle de la Nouvelle-Jersey.

Les propriétaires de cette dernière province, désireux de peupler le pays où déjà s’étaient répandus des Suédois et des Hollandais, se hâtèrent d’accorder la liberté de conscience et la liberté politique à tous ceux qui viendraient habiter la plantation. La liberté, c’était déjà l’appât le plus puissant, et en effet il y eut un moment où les colons de New-York émigrèrent dans une proportion menaçante pour s’établir dans l’État nouveau où ils trouvaient les libertés que leur refusait le duc d’York.

En 1676, les propriétaires se partagèrent la concession, et la Nouvelle-Jersey fit deux États : celle de l’est fut assignée à Carteret ; quand à celle de l’ouest, lord Berkeley la vendit pour mille livres sterling à une compagnie de quakers, qui, eux aussi, demandaient à l’Amérique un abri pour leurs opinions persécutées. À la tête de cette compagnie était Guillaume Penn[1]. Il y eut alors entre les quakers et lord Carteret une émulation des plus favorables à la liberté, et ce fut à qui renchérirait en fait de privilèges accordés aux planteurs. Par exemple dans les deux colonies ce fut à l’assemblée qu’on remit toute l’autorité ; la Nouvelle-Jersey fut dès l’origine une démocratie.

  1. Pour attirer les colons, les quakers propriétaires publièrent une description de la Nouvelle-Jersey et de ses avantages, qui a été publiée dans l’Amérique anglaise de Richard Blome, traduction française, à Amsterdam, chez Wolfgang, 1888, in-12, p. 94 et suiv.