Page:Laboulaye - Histoire politique des États-Unis, tome 1.djvu/43

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mettre aux mains de l’Amérique le flambeau de la civilisation, quel précieux sujet d’observation politique, quels exemples, quelles leçons nous offrent dès aujourd’hui les États-Unis !

Ce n’est pas seulement une république qui domine de l’autre côté de l’Atlantique ; ce nom de république est une désignation vague et qui couvre d’un même nom les gouvernements les plus opposés ; c’est une démocratie, la plus vaste, la plus complète qui ait paru dans les temps modernes ; j’ajoute, la seule qui ait duré.

Ce n’est pas un gouvernement fait de main d’homme, contre-épreuve moulée sur l’antique par des révolutionnaires érudits, élèves de Montesquieu ou de Mably : c’est le produit naturel de deux siècles de travail et de liberté ; c’est, comme le sentait Washington, le seul gouvernement qui pouvait convenir à cette forte race d’émigrants, à ce peuple de puritains, qui, laissant à une patrie marâtre sa noblesse féodale et son clergé aristocratique, avait emporté avec lui, comme deux trésors, et sa religion essentiellement républicaine, et toutes les libertés de la vieille Angleterre.

De là ce cachet particulier qui distingue la république américaine de toutes celles de l’antiquité, de toutes celles qu’ont imaginées les modernes qui ne détachaient point leurs yeux des anciens, et parmi ces modernes, je com-