Page:Laboulaye - Histoire politique des États-Unis, tome 1.djvu/484

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Le suprême ressort est en effet un des fleurons essentiels de la souveraineté ; et il est évident que le roi n’y eût pas renoncé sans abdiquer sa suprématie. Maîtresse d’interpréter ses lois, la plantation eût éludé non-seulement la volonté du monarque, mais celle même du parlement ; l’acte de navigation, si gênant pour les colonies, n’eût été qu’une lettre morte pour des tribunaux intéressés à détruire ce monopole sous lequel étouffaient l’activité et l’industrie des Américains.

Telle était la forme des gouvernements provinciaux ; c’est ainsi qu’étaient régis le New-Hampshire, New-York, New-Jersey, la Virginie, les deux Carolines, la Géorgie. Pour quelques-uns de ces États, ce gouvernement datait de leur origine ; pour les autres, tels que la Virginie, New-Jersey, les Carolines, il avait suivi d’assez près la première fondation et corrigé les essais infructueux des compagnies ou des propriétaires.

Blackstone appelle gouvernements de propriétaires les provinces qui avaient été concédées par la couronne à des particuliers, dans la forme de suzerainetés féodales, et avec tous les attributs qui, dans l’origine, appartenaient aux comtes palatins. Ces attributs étaient considérables, puisque Bracton, célèbre jurisconsulte du xiiie siècle, donne aux palatins : regalem potestatem in omnibus[1].

  1. Bracton, lib. III, c. viii, § 4.