Page:Lacenaire, éd. Cochinat, 1857.djvu/177

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


saisir la trace de l’assassin du passage du Cheval-Rouge, et lorsque le signalement du prisonnier de Beaune arriva à la Préfecture, M. Canler ne douta pas un instant qu’il ne tint son homme. Et cependant jamais Lacenaire, si astucieux et si prudent, n’avait fait connaitre son véritable nom à la justice.

La façon dont il a été découvert à Paris et amené à dévoiler ses complices, forme un concours d’opérations si intelligentes et surtout si intéressantes, que nous croyons devoir raconter en détail cette chasse humaine.

« Il me tardait d’être à Paris, dit Lacenaire en parlant de ce dernier voyage ; ce n’est qu’à Paris que je voulais mourir. Je ne le cache pas, c’eût été un grand désagrément pour moi d’avoir affaire à un bourreau de province. Cher Paris ! chère barrière Saint-Jacques ! »


CHAPITRE XXVIII.

Arrestation et arrivée de Lacenaire à Paris. ― La préfecture de police et les dénonciateurs. ― Scène de mélodrame.


À peine arrivé à la Préfecture, il fut interrogé par M. Allard, alors chef de la police de sûreté, et par son collègue M. Canler, si habile dans l’art de traquer les scélérats. On chercha à le convaincre tout d’abord de l’inutilité qu’il y aurait pour lui à nier le crime de la rue Montorgueil, et on y réussit assez facilement. Mais, comme les fonctionnaires, persuadés que le coup avait