Page:Lacenaire, éd. Cochinat, 1857.djvu/186

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Le nom de Bâton n’avait donc été qu’en sobriquet pour Mahossier ?

En apprenant l’arrestation du vrai Bâton, un détenu de la Force, Lebload, dit la tante Rasoir, plaisanta sur l’ennui qu’allait éprouver son ami, — on ne peut plus intime, — Gaillard, son ancien compagnon de détention à Poissy ; le propos fut rapporté.

Gaillard, Bâton et Mahossier, n’étaient-ils que les trois sobriquets d’un même homme en lutte continuelle contre la justice ? — Tant de précautions semblaient l’annoncer.

M. Canler en acquit bientôt la preuve. Il guetta le vrai Bâton à sa sortie du dépôt et eut l’air de le rencontrer par hasard. La moitié des hasards sont cherchés. Dans la conversation, il l’amena à lui donner le signalement de Gaillard. Plus de doute, c’était celui du prétendu Mahossier !

En recherchant aux bulletins judiciaires, si admirablement organisés, à la préfecture de police, on vit qu’il existait un mandat lancé contre Gaillard, libéré de Poissy.

Les visites aux garnis recommencèrent sur cette nouvelle donnée. Un Gaillard avait logé rue de Marivaux, 17, dans le Marais. Informations prises près de la logeuse, le signalement était toujours identique.

M. Canler demanda à cette femme si son locataire n’aurait pas laissé quelque objet chez elle. Il avait oublié sur une petite planche des chansons politiques et une lettre moqueuse contre le préfet de police d’alors, M. Gisquet.