Page:Lacenaire, éd. Cochinat, 1857.djvu/226

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R. Non, il n’y a jamais eu de taches de sang ni à mon pantalon ni à mon gilet !

M. le Président. — Lacenaire déclare que vous l’avez assisté dans l’assassinat de Chardon, et que vous avez gardé même plusieurs objets provenant du vol qui suivit cet assassinat, entre autres choses un bonnet de soie noire.

R. Je n’ai jamais eu de bonnet de soie noire, mais seulement un bonnet de fil. Au reste, je ne sais pas ce qui porte Lacenaire à me charger comme ça.

D. C’est précisément parce que Lacenaire n’a aucun intérêt à vous charger, puisqu’il avoue l’assassinat de la veuve Chardon et de son fils, qu’il paraît vraisemblable qu’il dit vrai.

R. Lacenaire croit avoir sujet de m’en vouloir, parce que, soi-disant, c’est moi qui l’ai fait arrêter. Il a déclaré qu’il m’en voulait et qu’il ferait son possible pour me perdre. Tout ce qu’il dit contre moi, c’est un comtois qu’il bat.

M. le Président. — Messieurs les jurés, battre un comtois, signifie, en termes d’argot, mentir sur quelqu’un par vengeance ou dans un but intéressé.

À cette expression d’Avril, Lacenaire part d’un éclat de rire qu’il a de la peine à réprimer.

D. Avril, à quelle époque avez-vous quitté Lacenaire ?

R. J’ai quitté Lacenaire quand il m’a proposé l’assassinat de la rue Montorgueil. Le jour même où je te quittai, j’ai fait une escroquerie qui m’a fait arrêter ; je lui avais donné le moyen comment je voulais que l’affaire fût faite. Il voulait assassiner le garçon de caisse, moi