Page:Lacenaire, éd. Cochinat, 1857.djvu/50

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Le commissaire-priseur et le possesseur réel du cabriolet vinrent ensemble trouver l’escroc au café de la Bourse. On pria l’habitué de descendre, lorsqu’il fut en bas le premier demanda au loueur, en lui désignant Lacenaire :

— Connaissez-vous monsieur ?

Nullement, répondit cet homme après avoir examiné le voleur des pieds à la tête.

— Moi, je vous connais très bien, dit à son tour Lacenaire : vous demeurez faubourg Saint-Denis, et c’est à vous que j’ai loué la voiture que j’ai vendue à M. le commissaire-priseur.

Les habitués du café, présents à cette scène, ne revenaient pas du sang-froid de ce singulier filou, et le loueur stupéfait, ne savait quel parti prendre.

— Alors, si ce que vous dites-là est vrai, venez avec nous à la Préfecture…

— Non pas, c’est inutile ! s’écriait à son tour l’acheteur ; puisque monsieur, — il désignait Lacenaire, — puisque monsieur a une tante rue Barre-du-Bec, il vaut mieux aller lui demander si elle ne vent pas payer pour son neveu.

Le commissaire-priseur ouvrait cet avis dans l’espérance de rattraper ses deux cents francs déjà fort loin. Son conseil fut suivi. En attendant, on conduisit Lacenaire à son propre hôtel où il fut gardé à vue. Sa tante ayant montré tout d’abord de favorables dispositions et demandé un délai de quatre heures pour réfléchir, on délivra le prisonnier ; mais, comme, au dernier moment, elle refusa de débourser de l’argent, on alla de nou-