Page:Lacenaire, éd. Cochinat, 1857.djvu/94

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


blement ; le chantage ne rend pas, on m’a refusé à dîner dans mon gargot et on me fait la mine dans mon garni.

— Il faut cependant attendre qu’une semaine au moins soit écoulée avant de rien recommencer, et si B… vous reparle de l’affaire, dites-lui que vous n’y songez plus.

— Au fait, vous avez raison. Allons, va pour huit jours ! d’ici là je ferai comme je pourrai.

Et la partie, en effet, ne fut que remise pour les deux assassins, comme on va le voir.


CHAPITRE XV.

Une leçon d’anatomie appliquée au meurtre. ― La chasse à l’homme. ― Le changeur.


Avant de commettre l’assassinat de M. l’Avocat, Lacenaire vit son complice et le sonda à fond pour se rendre compte de ses dispositions définitives et s’assurer s’il ne faiblirait pas au moment décisif. La défaillance de B… l’avait rendu méfiant.

— Avez-vous bien réfléchi, êtes-vous entièrement décidé à me seconder auprès de M. l’Avocat, dit-il à R… Voyez, délibérez, il en est encore temps. Si vous avez quelques objections à me faire, je les entendrai, et si vous voulez abandonner l’affaire, ne vous gênez pas. Elle n’est excellente et sûre que si la volonté de la terminer est