Page:Lacuzon - Éternité, 1902.djvu/33

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


tous les âges), ne soient ici leurrés : la Poésie n’est point ce débordement de sentimentalité sans placement dont l’origine remotite à l’avènement plus ou moins lointain de leurs aptitudes à la tendresse effective. Il y a de ces découvertes qui n’apprennent rien à personne...

Suivant les ressources de chaque langue, la poésie s’est approprié une prosodie spéciale dont les règles se modifient suivant l’évolution de chacune, mais toujours elle a le rythme pour condition absolue. Or, qu’est le rythme ? Le définir dans son principe serait, sans doute, bien malaisé. Les lexicologues et les théoriciens n’en parlent qu’avec une incertitude visible, et ne semblent avoir voulu l’envisager que sous l’aspect de son mécanisme musical. C’est pourtant dans la Pensée, et peut-être même en deçà, c’est-à-dire dans la subconscience, qu’il a son existence profonde, et son extériorisation, par les sons, les vocables, la ligne et la couleur, n’est qu’un résultat technologique, relevant de l’aptitude et de l’effort cultivé. Dans l’expression des sentiments humains, dans