Page:Lacuzon - Éternité, 1902.djvu/41

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


S’autorisant d’elle comme d’un fait acquis, il remonte la série des mentalités successives par où ladite vérité semble avoir pu venir s’imposer à sa conscience, il en établit le déterminisme, et, finalement, retombe aux termes de son énoncé. Il s’est prouvé à lui-même qu’il avait pensé juste. Le poète ne fait jamais autre chose.

D’ailleurs, à réfléchir un peu, il n’en saurait qu’être ainsi. Il n’y a pas deux vérités, l’une scientifique, l’autre philosophique, religieuse ou littéraire. La vérité est une. Et si, jusqu’à présent, les innombrables aspects sous lesquels elle se révèle à nous ne se. peuvent résoudre au delà de cette dualité apparente, c’est que la connaissanoe humaine reste encore séparée en deux camps d’investigations, dont les doctrines se déclarent volontiers contradictoires. En fait, toute antinomie serait absurde ; il n’y a qu’antilogie, et c’est au génie des siècles futurs qu’il appartiendra sans doute de réconcilier tous les systèmes, désormais réduits aux principes d’une science unique, embrassant aussi bien le cosmos visible que le cosmos spirituel.