Page:Lacuzon - Éternité, 1902.djvu/54

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Que dans nos cœurs troublés jusqu’à se croire impurs.
Et comme humiliés d’un reproche des choses.
Nous eûmes, confessant des repentirs obscurs ,
Le besoin d’être triste et de souffrir sans causes.

Nos phrases, une à une, et lentes de distance.
Comme au frisson d’un luth un autre luth frissonne.
Se rejoignaient là-bas aux accords du silence.
Dans cette veille auguste où l’on n’eût cru personne.

Notre attendrissement restait mélancolique.
Mais nous aimions le soir qui nous avait élus
Pour atteindre à ce charme indicible et mystique
De vivre au fil du songe et de ne penser plus.

On eût dit que notre âme au grand silence unie.
Et sur la paix du monde en prière avec lui.
Vibrait par l’univers dans sa propre harmonie.
Et que c’était en nous que s’inspirait la nuit…