Page:Lamartine - Œuvres complètes de Lamartine, tome 1.djvu/129

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J’appelle le soleil du fond de ses déserts :
Franchissant la distance,
Il monte en ma présence,
Me répond, et s’élance
Sur le trône des airs !

Et toi, dont mon souffle est la vie,
Toi, sur qui mes yeux sont ouverts,
Peux-tu craindre que je t’oublie,
Homme, roi de cet univers ?
Crois-tu que ma vertu sommeille ?
Non, mon regard immense veille
Sur tous les mondes à la fois !
La mer qui fuit a ma parole,
Ou la poussière qui s’envole,
Suivent et comprennent mes lois.

Marche au flambeau de l’espérance
Jusque dans l’ombre du trépas,
Assuré que ma providence
Ne tend point de piége à tes pas !
Chaque aurore la justifie,
L’univers entier s’y confie,
Et l’homme seul en a douté !
Mais ma vengeance paternelle
Confondra ce doute infidèle
Dans l’abîme de ma bonté.