Page:Lamartine - Œuvres complètes de Lamartine, tome 1.djvu/151

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COMMENTAIRE


DE LA DOUZIÈME MÉDITATION




Cette ode est du même temps. C’est une goutte de la veine lyrique de mes premières années. Je l’écrivis un matin à Paris, dans une mansarde de l’hôtel du maréchal de Richelieu, rue Neuve-Saint-Augustin, que j’habitais alors. Un de mes amis entra au moment où je terminais la dernière strophe. Je lui lus toute la pièce ; il fut ému. Il la copia, il l’emporta, et la lut à quelques poëtes classiques de l’époque, qui encouragèrent de leurs applaudissements le poëte inconnu. Je la dédiai ensuite à cet ami, qui faisait lui-même des vers remarquables. C’est M. Rocher, aujourd’hui une des lumières et une des éloquences de la haute magistrature de son pays. Nos routes dans la vie se sont séparées depuis ; il a déserté la poésie avant moi. Il y aurait eu les succès promis à sa belle imagination. Nos vers s’étaient juré amitié : nos cœurs ont tenu la parole de nos vers.