Page:Lamartine - Œuvres complètes de Lamartine, tome 1.djvu/156

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COMMENTAIRE


DE LA TREIZIÈME MÉDITATION




Voici à quelle occasion j’écrivis ces vers :

Mes deux amis, MM. de Virieu, de Vignet, et moi, nous nous embarquâmes, un soir d’orage, dans un petit bateau de pêcheur sur le lac du Bourget. La tempête nous prit, et nous chassa au hasard des vagues à trois ou quatre lieues du point où nous nous étions embarqués. Après avoir été ballottés toute la nuit, les flots nous jetèrent entre les rochers d’une petite île, à l’extrémité du lac. Le sommet de l’île était surmonté d’un vieux château flanqué de tours, et dont les jardins, échelonnés en terrasses unies les unes aux autres par de petits escaliers dans le roc, couvraient toute la surface de l’îlot. Ce château était habité par M. de Châtillon, vieux gentilhomme savoisien. Il nous offrit l’hospitalité ; nous passâmes deux ou trois jours dans son manoir, entre ses livres et ses fleurs. M. de Châtillon menait, depuis quinze ou vingt ans, une vie d’ermite dans cette demeure. Il sentait son bonheur, et il le chantait. Il avait écrit un poëme intitulé Mon lac et mon château. C’était l’Horace rustique de ce Tibur sauvage. Ses