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MÉDITATIONS

L’inspire, le conduit, le relève s’il tombe,
Le reçoit au berceau, l’accompagne à la tombe,
Et, portant dans les cieux son âme entre ses mains,
La présente en tremblant au juge des humains.
C’est ainsi qu’entre l’homme et Jéhovah lui-même,
Entre le pur néant et la grandeur suprême,
D’êtres inaperçus une chaîne sans fin
Réunit l’homme à l’ange, et l’ange au séraphin ;
C’est ainsi que, peuplant l’étendue infinie,
Dieu répandit partout l’esprit, l’âme et la vie,

Au son de cette voix qui fait trembler le ciel,
S’élance devant Dieu l’archange Ithuriel :
C’est lui qui du héros est le céleste guide,
Et qui pendant sa vie à ses destins préside.
Sur les marches du trône, où de la Trinité
Brille au plus haut des cieux la triple majesté,
L’Esprit, épouvanté de la splendeur divine,
Dans un saint tremblement soudain monte et s’incline,
Et du voile éclatant de ses deux ailes d’or
Du céleste regard s’ombrage, et tremble encor.
Mais Dieu, voilant pour lui sa clarté dévorante,
Modère les accents de sa voix éclatante,
Se penche sur son trône, et lui parle : soudain
Tout le ciel, attentif au Verbe souverain,
Suspend les chants sacrés, et la cour immortelle
S’apprête à recueillir la parole éternelle.
Pour la première fois, sous la voûte des cieux,
Cessa des chérubins le chœur harmonieux :
On n’entendit alors, dans les saintes demeures,
Que le bruit cadencé du char léger des heures,
Qui, des jours éternels mesurant l’heureux cours,
Dans un cercle sans fin fuit et revient toujours ;