Page:Lamartine - Œuvres complètes de Lamartine, tome 1.djvu/496

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


COMMENTAIRE


DE LA VINGT-SIXIÈME MÉDITATION




J’étais sincère quand j’écrivis ces adieux à la poésie en 1824, à Saint-Point, au moment de quitter ma patrie pour les résidences à l’étranger. Je n’avais jamais écrit de vers que dans mes heures perdues. J’étais et je suis resté toute ma vie amateur de poésie, plus que poëte de métier. Je ne comptais plus rien écrire en vers, ou du moins plus rien imprimer. Les hasards de la pensée et du cœur, les sentiments, les circonstances, les bonheurs, les larmes de la vie, m’ont fait mentir souvent à ces adieux. Peut-être y mentirai-je encore à la dernière extrémité de mes jours ; car je n’ai jamais compris la poésie qu’à deux époques de la vie humaine : jeune pour chanter, vieux pour prier. Une lyre dans la jeunesse, une harpe dans les jours avancés, voilà pour moi la poésie : chant d’ivresse au matin, hymne de piété le soir ; l’amour partout.