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COMMENTAIRE


DE LA QUATRIÈME HARMONIE




J’ai toujours aimé, non pas les ténèbres de l’homme, mais les ténèbres de Dieu : elles redoublent en nous le sentiment de la solitude. Or, la solitude avec Dieu, c’est la jouissance sans distraction de l’infini, c’est la conversation sans témoin avec ce qu’on adore. Aussi toutes les fois qu’un édifice marqué du signe de la Divinité, un temple en ruines au Parthénon, une colonne en tronçons au cap Sunium, un fronton de marbre jaune doré du soleil sur la croupe des montagnes d’Égine, une avenue de piliers dans le désert de Balbek, un ermitage de caloyer grec sur un rocher du Péloponèse, une abbaye démantelée dans les forêts de sapins du Jura ou du Bugey, une croix sur un chemin, frappent mes yeux, mon âme salue la seule grande pensée, la pensée de Dieu.

C’est sous l’impression de ce sentiment habituel chez moi que j’écrivis un soir ces vers. Il y avait dans les bois de Limone, près de Livourne, deux ou trois petits sanctuaires abandonnés par les ermites, mais où la piété des villageois voisins entrete-