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COMMENTAIRE


DE LA TROISIÈME HARMONIE




Pendant mon séjour à Florence, un événement naturel, l’éboulement d’un rocher à Tivoli, bouleversa la fameuse chute d’eau sous le temple de la Sibylle et sous le palais de Mécène à Tibur, près de Rome. Ce fut un deuil pour toute l’Italie et pour tous les artistes, poëtes ou peintres, nationaux ou étrangers, qui venaient, de temps immémorial, étudier les formes, les écumes, les poussières humides et les murmures des eaux du prœceps Anio d’Horace, auprès de ces belles cascades. J’avais passé moi-même bien des heures de mon enfance et de ma jeunesse au bord de ces gouffres, à respirer la fraîcheur et à aspirer les éblouissements. Il me sembla que cette catastrophe enlevait un de ses joyaux à la couronne de l’Italie ; qu’il allait se faire un silence de plus dans la campagne silencieuse de Rome. J’écrivis ces vers avec le cœur d’un Italien ; et comme j’avais contristé, un an ou deux avant, cette terre, je profitai avec empressement de cette circonstance pour me réconcilier avec elle :

Italie ! Italie ! ah ! pleure tes collines,
Où l’histoire du monde est écrite en ruines !