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COMMENTAIRE


DE LA DIX-SEPTIÈME HARMONIE




Le comte Xavier de Maistre est le frère cadet du fameux comte de Maistre, le philosophe des Soirées de Saint-Pétersbourg. J’en ai parlé dans les Confidences, je n’ai rien à en dire ici : c’est une renommée à débattre entre les philosophes des deux écoles. Comme écrivain, il est incontesté ; car il est ce qui fait qu’on est, c’est-à-dire original.

Le comte Xavier, à qui s’adresse cette Harmonie, est l’auteur de deux livres charmants, quoique de tons très-divers : le Voyage autour de ma chambre, et le Lépreux de la cité d’Aoste. Le Voyage est un badinage ; le Lépreux est une larme, mais une larme qui coule toujours. Cet écrivain est le Sterne et le J.-J. Rousseau de la Savoie ; moins affecté que le premier, moins déclamateur que le second. C’est un génie familier, un causeur du coin du feu, un grillon du foyer champêtre. Je ne l’avais jamais vu. Les orages de la première révolution piémontaise l’avaient jeté en Russie ; il s’y était marié. Il revenait en Savoie après vingt-cinq ans d’absence. Allié de sa famille, ami de son neveu, j’appris son retour ; je lui adressai de Florence ce salut amical d’un inconnu.