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COMMENTAIRE


DE LA QUATORZIÈME HARMONIE




C’était la pensée de Graziella. On connaît Graziella par les Confidences. Je n’ai rien à y ajouter en ce moment. Mais voici comment ces vers coulèrent un soir de mon cœur, longtemps après la mort de Graziella.

C’était en 1830, deux mois avant la révolution de Juillet, au printemps. J’étais en congé à Paris ; je demeurais alors dans le bel hôtel du prince de Monaco, rue Saint-Guillaume.

Un jour, ma femme me pria de l’accompagner à vêpres à Saint-Roch. Pendant que les prêtres chantaient les psaumes, je me tenais debout à l’ombre d’un pilier auquel était suspendu un tableau représentant l’exhumation d’une vierge. À la place du cercueil, on trouve des lis.

Ce tableau me rappela Graziella. Je sentis un grand coup au cœur ; je n’entendis plus rien, et ces vers roulèrent dans ma pensée, avec quelques larmes dans mes yeux. Je rentrai, et je