Page:Lamartine - Œuvres complètes de Lamartine, tome 32.djvu/4

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Ce drame, si toutefois ces vers méritent ce nom, n’était pas dans ma pensée, quand je l’écrivis, une œuvre littéraire ; c’était une œuvre politique, ou plutôt, c’était un cri d’humanité en cinq actes et en vers.

Voici son origine :

Depuis 1834 les hommes politiques qui croient que les gouvernements doivent avoir une âme, et qu’ils ne se légitiment aux yeux de Dieu que par des actes de justice et de bienfaisance envers les peuples, s’étaient formés à Paris en société pour l’émancipation des noirs ; j’y fus admis à mon retour d’Orient ; je fus édifié des maximes de haute philanthropie et de religieuse charité qui retentirent dans cette réunion et qui se furent dans ses publications ; mais je fus effrayé du vague mal défini de ses tendances, et je craignis que ces appels éloquents, jetés tous les mois, de l’Europe, à la liberté des noirs, ne fussent pris par les colons pour une provocation