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notes.

» Les recherches de M. Le Verrier furent profondes et laborieuses ; il commença par soumettre à de nouveaux calculs les perturbations exercées sur la marche d’Uranus par Jupiter et par Saturne, et, dans un mémoire publié, le 10 novembre 1845, dans les Comptes rendus de l’Académie des sciences, il fit voir que les écarts de cette marche ne pouvaient être attribués ni à l’une ni à l’autre de ces deux planètes. Il prouva qu’ils ne provenaient pas non plus, ni du choc d’une comète, ni de la résistance de l’éther ; que, par conséquent, la cause en devait être dans l’action d’un corps céleste inconnu, possédant une masse assez grande pour produire des inégalités à si longues périodes ; que ce corps devait se mouvoir fort au delà de l’orbite d’Uranus, sans quoi il troublerait la course de Saturne…

» Comme on ne savait rien, ni de la masse de Neptune, ni de la forme de son orbite, il était nécessaire d’établir quelque hypothèse. En conséquence, d’après la loi de Bode, le demi grand axe de cet orbite, égal à la moyenne distance de l’astre au Soleil, fut supposé double de celui d’Uranus ; les éléments inconnus furent ainsi réduits à sept…

» En partant de la moyenne distance hypothétique de l’astre inconnu au Soleil, la durée de sa révolution était d’environ deux cents ans. Cela résultait de la loi de Képler, d’après laquelle les carrés des révolutions des planètes sont proportionnels aux cubes de leurs moyennes distances. Le calcul donnait à Neptune une masse plusieurs fois plus grande que celle de la Terre. M. Le Verrier en conclut qu’elle devait avoir un diamètre apparent de 3" 3 ; l’observation l’a constaté de 2" 8. Cette approximation est très-remarquable, si l’on considère la difficulté du problème, l’incertitude des données, et la petitesse des perturbations.

» Ces résultats sans pareils furent publiés dans les Comptes rendus du 31 août 1846, et la planète fut aperçue un mois plus tard, le 23 septembre, par M. Galle, de Berlin. M. Le Verrier reçut de ses compatriotes toutes les marques d’honneur qu’il méritait si bien. L’Académie de Paris donna le nom de Neptune à l’astre nouveau ; et comme il est d’usage de représenter chaque planète par un signe particulier, on consacra à cet emploi la lettre initiale du nom de l’habile géomètre, accompagnée d’une étoile, comme cela se pratique avec la lettre ♅ pour désigner Uranus, la planète d’Herschel.

» Les astronomes d’Europe et d’Amérique ont observé les éléments de l’orbite de la nouvelle planète. C’est une des plus singulières circonstances de cette découverte extraordinaire, que les