Page:Lamartine - Œuvres complètes de Lamartine, tome 8.djvu/28

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du pays. Chaque kneven a son knev ou province, et la plupart des districts ont leur obar-kneven. Milosch les nomme, fixe à son gré leur territoire et leurs attributions. Pour éviter tout prétexte aux exactions de ces knevens, ils reçoivent une solde du trésor public. Des tribunaux de première instance sont établis dans les villes et dans les villages. Un tribunal supérieur siége à Kraguzewatz. Milosch les nomme. La coutume sert de loi jusqu’à la rédaction du code que l’on prépare. Le droit de prononcer la peine de mort est réservé au chef suprême du gouvernement. Le léger subside payé par la Servie à la Porte, reste de rançon qui n’est plus qu’un souvenir de leur ancienne dépendance, passe par les mains du chef suprême, qui le délivre au pacha. Le pacha, vaine ombre d’une autorité qui n’existe plus, n’est qu’une sentinelle perdue de la Porte pour observer le Danube, et donner des ordres aux Turcs qui y occupent des forteresses. En cas de guerre de la Turquie contre l’Autriche, les Serviens doivent fournir un contingent de quarante mille hommes. Le clergé, dont l’influence pouvait balancer celle de Milosch, a perdu toute prépondérance en perdant l’administration de la justice, remise à des tribunaux civils. Les popes et les moines sont soumis, comme le reste du peuple, à des châtiments corporels ; ils payent les taxes communes. Les biens des évêques sont remplacés par un traitement fixe de l’État. Tout pouvoir est ainsi concentré entre les mains du chef suprême. La civilisation de la Servie ressemble à la discipline régulière d’un vaste camp, où une seule volonté est l’âme d’une multitude d’hommes, quels que soient leurs fonctions et leurs grades. En présence des Turcs, cette attitude est nécessaire. Le peuple est toujours debout et armé : le chef doit être un soldat