Page:Lamartine - Œuvres complètes de Lamartine, tome 8.djvu/421

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vine de daigner accorder à votre illustre seigneurie toutes sortes de consolations dans ce monde par la grâce, et dans l’autre vie par la gloire, à cause de toutes les consolations que vous vous êtes plu à nous donner. Très-illustre seigneur, nous avons trouvé ici une tradition qui indique que notre peuple des Maronites descend originairement de l’armée de votre très-glorieux roi saint Louis, lorsqu’elle vint pour délivrer la terre sainte : c’est ainsi que laborasti pro gente tua. Il reste encore ceci à faire : c’est que votre très-illustre seigneurie daigne, par les saintes plaies de Notre-Seigneur, nous donner quelques milliers d’écus pour imprimer notre bréviaire, faisant compte de rapporter le tout à Christ, notre Seigneur, qui vous a donné la commodité de faire une si grande œuvre, si digne de l’état et de la vertu de votre très-illustre seigneurie, qui suivra saint Martin à la vie éternelle, plenus bonis operibus atque oneratus. Quam igitur panis simplicis petimus buccellam, hanc noli denegare nobis Christi pauperibus ; car, en vérité, sous l’impie domination du Turc, et au milieu des hérétiques, nous vivons dans la vraie et vive foi catholique, comme le voient et l’expérimentent journellement tous les consuls et les marchands de votre pays qui se trouvent chez nous dans ces contrées, etc. Je finis, très-illustre seigneur, en vous baisant humblement les mains, et en vous souhaitant un accroissement de bonheur.

» Donné à Alep, le 6 de mai 1613.

» De votre très-illustre seigneurie


» Le très-humble et très-dévoué serviteur,


» Frère Jean-Baptiste,
» De l’ordre de Saint-Dominique, archevêque des Maronites. »