Page:Lamartine - Œuvres complètes de Lamartine, tome 8.djvu/434

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.

verai pendant que je vivrai, et je le ferai conserver après moi dans ma famille, comme un témoignage éclatant de votre amitié et de celle de la nation maronite pour la France.

» Depuis que j’ai quitté vos montagnes, mon plus ardent désir est de retourner vivre parmi vous. Aussitôt que les affaires publiques me permettront de quitter pour quelques années mon pays, je m’embarquerai de nouveau pour aller vous visiter. Vous m’avez donné l’hospitalité comme à un frère ; j’en ai les sentiments pour vous. Dieu a élargi la famille humaine, quand il a élargi le cœur de l’homme par la charité chrétienne. Je me glorifie de ce que vous voulez bien me compter au nombre de vos enfants.

» Tant que la nation française se souviendra de sa gloire en Égypte et en Syrie, elle aura souvenir et protection pour la nation maronite. J’ai communiqué aux chefs qui nous gouvernent les assurances de votre attachement ; ils vous le rendent par mon organe, et lorsque je retournerai près de vous, je vous porterai les marques et les preuves de leur éternelle amitié.

» Que Dieu vous donne de longs jours comme aux patriarches dont vous occupez la terre, et qu’il bénisse vos saintes montagnes des deux plus beaux dons qu’il ait faits aux hommes : la religion et la liberté !

» Lamartine. »