Page:Lamartine - Œuvres complètes de Lamartine, tome 8.djvu/94

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Mais lorsque l’aube matinale parut,
Le sultan prit sept charges d’or,
Et la jeune vierge sept vêtements
Qui n’étaient ni tricotés, ni filés,
Ni même tissus à la navette,
Mais travaillés d’or pur.
Elle y joignit la coupe merveilleuse
Autour de laquelle se roulait un serpent d’or,
Dont la tête redressée
Montrait, au lieu de dents, des pierres précieuses,
De telle sorte qu’à minuit comme à midi,
Leur éclat pouvait éclairer un festin.
Elle y joignit le sabre damasquiné
Qui portait trois poignées de pur or,
Et à chaque poignée trois pierres précieuses ;
Et de plus l’écrit scellé du sceau royal,
Afin que nul vizir ne puisse le faire mourir
Sans l’ordre du sublime sultan.
Elle envoya le tout à Marko.
« Reçois, ô Marko, ce peu d’or et de biens ;
Mais quand tu commenceras à en manquer,
Adresse-toi avec confiance à ton père
Le sultan, et à ta sœur en Dieu, sa fille. »