Page:Lambert - Journal d'un bibliophile, 1927.djvu/97

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.
JOURNAL D’UN BIBLIOPHILE

pendance des États-Unis. Il devait bientôt écrire en France à de fameux généalogistes. Il en était même rendu à évoquer les esprits de l’eau-delà pour lui venir en aide dans ses recherches.

Je ne saurais enfin me rappeler tout ce que son esprit déséquilibré et dément dût me débiter de coq-à-l’âne et d’insanités.

Mais je crus comprendre la cause de tout le trouble de ce particulier lorsqu’il m’avoua avoir lu des romanciers français tels que Eugène Sue, Émile Zola, Paul de Kock, toutes les œuvres d’Alexandre Dumas père, de même que « Ange Pitou » et la « Reine Cotillon », de Paul Féval fils. En pataugeant dans ces gâchis, il avait trouvé ce qu’il ne cherchait pas, sans compter une perte de temps, une perte d’argent et un ébranlement de sa charpente crânienne.

J’aurais préféré qu’il eût lu : « Une de perdue, deux de trouvées », de de Boucherville ; « Charles Guérin », de Chauveau ; « Jean Rivard », de Gérin-Lajoie ; « Halika », « Les Fiancés de 1812 », de Doutre, bien que ce dernier fût très difficile à trouver.

Ç’aurait été moins sensationnel et, par le fait même, plus reposant et pour son âme et pour son esprit.