Page:Lamirault - La Grande encyclopédie, inventaire raisonné des sciences, des lettres et des arts, tome 13.djvu/701

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un verbe pour désigner cetle opération , /.uaOï’Çu) ; l’esclave qui s’en acquittait était le y.uaOdir)ç, en latin pincerna, et dans les inscriptions son nom est accompagné des mots A cyatho. Le cyathus était en métal ou en ivoire ; il avait la forme d’une grande cuiller ou d’une écope à puiser l’eau dans les bateaux. Le manche était fixé à la petite coupe ou mobile, et celle-ci variait de forme et de grandeur. Suivant Varron (L., 1. V, 124), le cyathus des Grecs se substitua chez les Latins au simpulum que l’on garda dans les sacrifices.

CYAXARE (latin, Gyaxares ; grec, XuaÇaprjç ou 0 ?a-Spriç ) , le troisième roi de la dynastie touranienne des Mèdes, s’appelait enmédique Yak-istirra ou Vak-istarra, « porteur de lances ». Les Mèdes ariens traduisirent ce nom en Perse, Ârstibara, et Ctésias donna celte traduction comme nom du roi, tandis que ce terme n’exprime que le sens du mot touranien en langue arienne. Le nom médique fut arianise en Uvakhasatara, ce qui signifie « possédant de beaux mulets », et c’est sous cette forme que le nom parait dans l’inscription de Béhistoun ; les Assyriens, qui avaient quelque raison pour connaître ce roi, le nomment, en s’appuyant sur l’original médique, Uvakistar. Cyaxare .succéda à son père Pbraortes qui avait été tué devant Ninive, vaincu par les Assyriens avec une grande partie de son armée en 63b av. J.-C, et régna quarante ans jusqu’en 593. Hérodote le nomme le plus guerrier des rois mèdes, et immédiatement après son avènement, il se prépara à venger la mort de son père. Cyaxare fut un génie militaire ; il réorganisa l’armée des Mèdes dans laquelle jusque-là toutes les différentes parties avaient combattu pêle-mêle, et il les sépara en phalanges distinctes, porteurs de lances, archers et cavaliers. Ainsi disposé, il s’avança vers l’Assyrie, et avait déjà battu les Ninivites à plusieurs reprises, quand il fut attaqué par les Scythes qui, sous la conduite de leur roi Madyes, avaient envahi son royaume. Os barbares, chassés par les Cimmériens de la Russie méridionale, étaient venus en longeant la mer Caspienne du côté du Caucase et avaient semé devant eux la dévastation et le pillage. «Ils avaient exigé des habitants de l’Asie des tributs pour qu’ils leur laissassent la vie sauve et leurs propriétés, mais malgré ces raneonnements, ils enlevaient aux nations des pays envahis tout ce qu’ils possédaient. Pendant vingt-huit ans, les Scythes occupèrent le sol de la tiédie ; tandis qu’une partie des envahisseurs se répandit dans les contrées du sudouesl et s’avança vers l’Egypte. Psammétik, roi d’Egypte, arrêta ces hordes en Palestine par des cadeaux et des prières ; celles-ci rebroussèrent chemin et pillèrent en passant le sanctuaire de la déesse syrienne à Askalon. Grâce à ces pérégrinations, Cyaxare put à la fin se débarrasser de ces étrangers incommodes, en massacrant leurs chefs dans un banquet auquel il les avait conviés (607). C’est alors qu’il s’allia à Nabopalassar, roi de Babylone, et les deux armées mède et babylonienne prirent Ninive, détruisirent pour toujours cette cité, et mirent fin à l’empire des Assyriens (606).

Après la chute de Ninive, Cyaxare se trouva maître do toute l’Asie jusqu’au fleuve llalvs ; l’Asie Mineure, à l’O. de ce fleuve, étant entre les mains des Lydiens. La Babylonie et la Susiane seules étaient indépendantes. Cyaxare lit la guerre à Alyattes, roi de Lydie, et pendant cinq ans les Mèdes et les Lydiens se firent la guerre, tantôt vainqueurs, tantôt vaincus. Hérodote raconte (I, 94) que pendant une bataille, il arriva une éclipse de soleil prédite par Thaïes de Millet, et que ce phénomène céleste mit fin à la guerre. In traité préparé par Syennesis, roi de Cilicie, et Nabuchodonosor, roi de Babylone, rétablit la paix entre Cyaxare el Uyattes, qui donna sa fille Aryenis à Astyage, fils du roi mède. Cyaxare mourut quelques années après. Depuis des siècles l’éclipsé en question a préoccupé les savants, et encore aujourd’hui le problème est obscur et ne sera èclairci que le jour où des textes originaux trancheront la question. Six éclipses de soleil ont été proposées parmi lesquelles nous citons celle du 150 sept. 610 (d’après oli- 679 - CYATHUS — CYBISTETER

mans), celle du 9 juil. 597 et celle du 28 mai 583. Pline (//. N., II) cite, comme année de l’éclipsé de Thaïes, la quatrième année de la 48° olympiade, qui tombe en ell’et en 583 ; cette éclipse, déjà calculée par Newton et Kepler, fut en eflot totale en Asie Mineure. Mais Cicéron la place sous le règne d’Astyage, et s’il est certain que cette éclipse esi bien celle que Thaïes ait prédite, il n’est pas du tout certain que ce fût celle-là qui mit fin au combat dont nous parlons. Si toute la chronologie médique n’est pas à modifier, il faut admettre, ou que le combat eut lieu sous Astyage et non pas sous Cyaxare, ou qu’Hérodote a confondu l’éclipsé totale de. Thaïes avec une autre arrivée quelques années auparavant. Or, il n’y a que l’éclipsé partielle du 9 juil. 597 qui satisfasse les exigences historiques jusqu’ici seules justifiées. A l’époque de cette éclipse de 597, calculée par le P. Petau, Alyattes régnait et Cyaxare vivait encore. Lors du phénomène mentionné par Pline et qui, en effet, fut le plus considérable au point de vue astronomique, Cyaxare était mort. Espérons donc qu’un texte babylonien résolve la question, qui, malgré les nombreuses controverses qu’elle a suscitées, est encore à l’état de problème.

Un autre Cyaxare fut le fils d’Astyage dont l’existence nous est révélée par le roman de Xénophon, intitulé la Cyropédie. Mais le personnage mentionné dans cette œuvre semble être historique. Il n’y a rien d’extraordinaire dans le fait que le fils réclame l’empire de son père détrôné. Ce qu’il y a de plus sérieux, c’est que l’inscription de Béhistoun, en rendant compte de deux imposteurs, Pbraortes et Tritantaechmes, qui se révoltèrent contre Darius en Médie, dit qu’ils se donnèrent tous les deux comme Xathrites, en médique Sattarrita, de la race de Cyaxare. Il est difficile d’entendre sous ce nom le roi Cyaxare, car les imposteurs se seraient vantés d’être de la souche du dernier roi Astyage. L’existence de ce dernier Cyaxare semble donc être hors de doute. J. Oppert. CYB^EUS (Zool.). Genre d’Arachnides, de la famille des Agélénides , proposé par L. Kocb et voisin du genre Cœlotcs ; il en diffère par le céphalothorax plus étroit et surtout par les filières très courtes, à peine distinctement biarticulées, caractère exceptionnel dans la famille des Agélénides. A certains égards les Cybœus se rapprochent des Argyroneta, mais ils en diffèrent beaucoup par leurs mœurs. L’espèce type, C. tetricus Hahn, est européenne ; elle Se trouve dans les grandes forêts, sous l’éeoree des vieux arbres, où elle file une petite toile irrégulière. C. Simon. CYBEI (Giov. -Antonio), sculpteur italien, né à Carrare en 170(i, mort à Carrare en 178k Fils d’un Israélite converti, et resté orphelin de bonne heure, il se forma d’abord sous la discipline du comte Baratta et plus tard dans l’atelier de Cornachini à Home. Dans la suite, entré dans les ordres, il sacrifia l’art aux études littéraires, et il fallut toutes les instances de ses admirateurs pour lui faire reprendre le ciseau. Parmi ses ouvrages les plus célèbres, on cite le groupe en marbre de Samson et Dalilu, la statue de la Conception à Carrare, la Gloire des Princes, à Naples ; le groupe "de Judith et de sa suivante, la statue équestre de François III et divers bustes. Cybei forma en outre de nombreux élèves. Bibl. : Campori, Memorie biografiche degli Scullori, Architetli, Pittori... nalivi di Carrara ; Modène, 1873. CYBÈLE (Myth. gr.). Cybèle était un des noms de la grande déesse de la Pbrygie plus généralement appelée la Mère des dieux ; la plus populaire de ses légendes est celle où elle était associée à Ailis ou Allés. En Grèce, elle fut assimilée a Rhea. Nous étudierons l’ensemble de ces cultes et des légendes qui s’y rattachent à l’article Mère des dieux.

II. Astiiumimik (V. Astéroïde).

CYBELE (V. Encrdjurus).

CYBISTETER (Cybisteter Curtis) (Entom.). Genre de Coléoptères, de lafamille des Dyticides, voisin des Dy tic/us (Y. Dytique), dont il diffère surtout par les tibias posté-