Page:Lamirault - La Grande encyclopédie, inventaire raisonné des sciences, des lettres et des arts, tome 19.djvu/1220

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


HERON

1200

Héron d’Amérique (A . occidentalis Aud.), qui représentent notre Héron cendré dans l’Afrique tropicale, en Australie, au Brésil ou aux Etats-Unis. Les Hérons géants de la Malaisie et du N. de l’Australie, de l’Inde et de l’Afrique ( A rdea sumatrana Ralïl. et .4. goliath Teni.) dont le. plumage roux et pourpréoffre quelque analogie avec celuidu Héron pourpré, mais qui atteignent une taille beaucoup plus forte, ont également le même régime que nos Hérons, mais paraissent avoir un caractère plus farouche et vivent solitaires ou par couples dans le voisinage des grands cours d’eau. E. Oustalet. II. Chasse (V. Chasse).

Bibl. : A. Reichenow, Syst. Uebers. der Schreitvogel, dans Journ. f. Ornilh., 1877, p. 232. — Brehm, Vie des animaux, éd. franc., Oiseaux, par Z. Gerbe, t. II, p. 632.

— H.-E. Dresser, A History of the Birds of Europe,l81l- 1881, t. VI, p. 205 et pi. 395 et 396.

HÉRON. Coin, du dép. de la Seine-Inférieure, arr. de Rouen, cant. de Darnetal ; 308 hab.

HÉRON d’Alexandrie, mathématicien grec dont l’époque est inconnue. Dans ses savantes Recherches sur la vie et les ouvrages d’Héron d’Alexandrie (Mém. Ac. des inscr., 1834), Th. Martin a admis les environs de l’an 100 av. J.-C ; mais Diels a fait remarquer tout récemment que cette hypothèse est incompatible avec les mots latins que renferment les écrits les plus authentiques de Héron ; que le fait que son nom est accolé à celui de CtésiMus dans le titre des Belopoica ne suffit nullement pour le rattacher immédiatement à ce maitre. Héron aurait donc vécu sous l’empire romain, certainement avant Pappus qui le cite et après Vitruve qui l’ignore, probablement après Pline, d’après une indication que l’on peut tirer de la version arabe inédite du Barulcus. On peut donc le placer approximativement au siècle des Antonins ; on ne connaît d’ailleurs rien de sa vie. Ilcron a été un auteur passablement fécond, dont une partie des écrits, servant à l’enseignement technique élémentaire, a subi de profondes altérations, ce qui soulève de difficiles questions d’authenticité. Le recueil des Matliematici vetcres de Thévenot (Paris, 1693) contient quatre traités de mécanique de Héron : la Chirobaliste, rééditée par Victor Prou, dans les Notices et extraits (1877, XXVI) ; les Machines de jet (Belopoica) ; les Pneumatiques et les Automates. Vincent a publié le traité sur la Dioptre (Not. et extr., 85 :2, XIX). Un ouvrage, De Speculis, nous est peut-être parvenu dans une version latine faite sur l’arabe et sous le nom de Ptolémée. Enfin M. Carra de Vaux prépare actuellement une édition avec traduction française du liarulcus (l’élévateur), ouvrage en trois livres cité par Pappus sous ce nom et sous celui de Mécaniques, et qui présente la plus grande importance pour l’histoire de la science. Héron avait en outre composé divers ouvrages spéciaux qui sont perdus (sur les horloges à eau, sur l’équilibre). Il parait avoir en général refait et mis au point les ouvrages de Ctésibius et de Philon, et il est difficile d’apprécier son degré d’originalité. Dans le traité de la Dioptre se trouve la démonstration de la formule qui donne l’aire d’un triangle dont on connaît les trois côtés. Mais si cette formule est sans doute postérieure à Euclide, elle peut être en revanche bien antérieure à Héron, et il en est de même de la plupart des inventions qu’on lui attribue, comme la fontaine qui porte son nom (V. Am, 1. 1, p. 103(3). — Il avait composé sur les Eléments d’Euclide un commentaire dont des fragments nous ont été conservés par Proclus, ainsi que dans le manuscrit arabe 399,1 , de Leyde. Enfin Hultsch a publié (Berlin, 1874) sous le titre : Heronis Alexandrini geometricorum et stereometricoriuu reliquiœ, les débris qui nous restent d’un recueil méthodique de problèmes numériques sur le calcul des surfaces et des volumes ; ce recueil, mentionné par Eutocius sous le nom de Métriques, a été l’origine de compilations successives, mises sous le nom de Héron, et ou des éléments étrangers se sont infiltrés. La publication de Hultsch contient sept de ces compilations, qui était autrefois attribuées à Héron le Jeune (V. ciaprès ) : 1° Définitions des termes de géométrie, opuscule qui, dans les manuscrits, précède une compilation postérieure à Proclus et semble être au plus tôt de la fin du in e siècle ; 2° une Géométrie, qui représente l’ouvrage primitif sous sa forme la plus authentique ; 3° une Géodésie, copiée sur le précédent ; 4° et 5°, deux recueils de problèmes de Stéréométrie, le premier assez méthodique, le second informe ; 6° les Mesures et 7° le Livre Gééponique, qui sont des rédactions byzantines. Ces divers ouvrages sont d’une importance capitale pour l’histoire du calcul et pour la métrologie ancienne. Paul Tannery. HÉRON hé Villefosse (Antoine-Marie, baron), minéralogiste et ingénieur français, né à Paris le "20 juin 1774, mort à Caen le (i juin 1832. D’une très ancienne famille de la bourgeoisie parisienne, il se battit contre les Vendéens, entra en janv. 1794 à l’Ecole des ponts et chaussées, en déc. 1794 à l’Ecole polytechnique, en 1799 à l’Ecole des mines, fut nommé ingénieur ordinaire en 1802, eut de 1803 à 1805 la surveillance des mines du Harz, reçut en 1807 l’inspection générale des mines et usines de tout le pays compris ’entre la Vistule et le Rhin. Louis XVIII le choisit, en 1820, comme secrétaire de son cabinet. Charles X, à son avènement (1824), le créa baron et lui conféra la charge de conseiller d’Etat, qu’il dut quitter après la révolution de 1830. Il prit sa retraite en 1834. 11 était membre libre de l’Académie des sciences de Paris depuis 1816. Il a écrit un important traité : De la Richesse minérale (Paris, 1810-19, 3 vol. in-4 et atlas in— fol. ; trad. ail., Weimar, 1822-40). Il est en outre l’auteur d’une vingtaine de mémoires insérés dans le Journal des mines (1801-12) et dans les Annales des mines (1820-28). L. S.

Bibl. : L. Valier, Notice biogr. sur Héron de Villefosse ; Paris, 1844, in-8. — Anonyme, id. ; Paris, 1847, in-8. HÉRON de Villefosse (Antoine-Marie-Albert), archéologue français, né à Paris le 8 déc. 1845. Il passa par l’Ecole des chartes, remplit diverses missions épigraphiques en Algérie et Tunisie, Italie et Allemagne. Entré au musée du Louvre, il a été en janv. 1886 nommé conservateur du département de la sculpture grecque et romaine. Le 5 mars 1886, il était nommé membre de l’Académie des inscriptions et belles-lettres en remplacement d’Egger. M. Héron de Villefosse a publié un grand nombre de travaux archéologiques estimés ayant surtout pour objet les antiquités de la Gaule, de l’Algérie et de la Tunisie. Nous citerons entre autres : Rapport sur une mission archéologique en Algérie (1875) ; les Antiquités d’Entrain (1881) ; Histoire île l’abbaye d’Orbais (1890), etc. HÉRON le Jeuxe. On connait sous ce nom ou sous celui de Héron de Byzance l’auteur de deux petits traités grecs, l’un De Machinis bellieis, l’autre de Geodœsia, dont Barocci a publie la traduction latine en 1572, ainsi que de deux fragments sur l’art militaire, insérés dans les Matliematici veteres de Thévenot, et qui sont également des compilations d’ouvrages antérieurs. Les textes grecs ont été réunis par Wescher dans sa Poliorcétique (Paris, 1867). Certains passages de la Geodœsia ont permis d’en fixer la rédaction au x° siècle. Ces divers écrits, comme probablement aussi les recueils byzantins de problèmes métriques mis sous le nom de Héron d’Alexandrie, peuvent être rattachés au temps de Constantin Porphyrogénète, qui favorisa singulièrement les travaux de ce genre’ ; mais rien ne prouve suffisamment qu’ils soient du même auteur, ni même qu’il y ait eu un Héron vivant à cette époque. La célébrité de l’ancien faisait maintenir son nom sur les ouvrages techniques empruntés aux siens, sans qu’il y eût là, en réalité, ni falsification, ni plagiat. T. FIN DU TOME DIX-NEUVIEME

TOURS. — IMPRIMERIE E. ARRAULT ET C.