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HAIDINGER — HAIE

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dans de nombreux voyages à travers la Norvège, l’Allemagne, la France et l’Italie, donna à la même époque une traduction en anglais, avec notes, du principal ouvrage de son ancien maître, Treatise of Minera log y (Edimbourg, 1825, 3 vol.), et, rentré dans sa patrie en 1827, dirigea pendant treize années, avec ses frères, leur célèbre fabrique de porcelaine d’Elbogen (Bohème). En 1840, Mohs étant mort, il lui succéda comme conseiller des mines et comme directeur des collections minéralogiques (Montauistische Muséum), dont il donna en 1843 un catalogue détaillé, professa à Vienne de 1843 à 1849 une série de cours pratiques de minéralogie et fit paraître en 1847 une carte géognostique de la monarchie autrichienne. En 1849, il reçut la direction du nouveau service impérial géologique (Geol. Reichsanstall), créé à son instigation, et en poussa si activement les opérations que la grande carte géognostique de l’empire, au 1/576,000, put être achevée en 1866. Il prit sa retraite la même année. Il était membre de l’Académie des sciences de Vienne depuis sa fondation, en 1847, et correspondant de l’Académie des sciences de Paris depuis 1855. Il avait été élevé au rang de chevalier héréditaire en 1865. Non seulement Haidinger a fait réaliser des progrès considérables à la minéralogie par ses remarquables travaux sur la cristallographie et le pseudomorphisme, sur les caractères et les propriétés optiques des minéraux, sur leur classification naturelle, sur la formation, la structure et la composition des météorites, etc., mais il a eu encore une part incontestable et très large au mouvement général de renaissance scientifique qui a marqué en Autriche le milieu du siècle. On peut même dire qu’il a introduit dans ce pays la géologie, en tant que science véritable. Son œuvre éciite est d’ailleurs immense. Elle comprend d’abord plus de 400 mémoires, en allemand et en anglais, ayant trait pour la plupart à la minéralogie ou à la géologie, et insérés dans les recueils suivants : Edinburgh Journal of science, Edinburgh Philos. Journ., Transactions of the Roy. Soc. of Edinburgh, Annalen de Gilbert, Annalen de Poggendortf, Abhandlungen et Berichte de la Société des amis des sciences naturelles de Vienne, fondée par lui (1847) ainsi que la Société de géographie (1855) et la Société de géologie pratique, Sitzungsberichte de l’Académie des sciences de Vienne, Jahrbuch. der geolog. Reichanstalt, etc. Il a, de plus, publié à part : Anfamjsgrùnde der Minéralogie (Leipzig, 1829, in-8) ; llandbuch der beslimmenden Minéralogie, son principal ouvrage (Vienne, IN’,5, in-8) ; Krystallographùche und mineralogische Figurentafeln, complément du précèdent (Vienne, 1846, in-fol.), etc. Léon Sagnet. BfBL. : Bericht ûber die Haidinger-Feier ; Vienne, 1865.

— Rose, Erinnerung un Haidinger, 1871. — On trouvera la liste presque complète des mémoires dus à W. Haidinger dans le Catalogue of scient, papers de la Soc. roy. de Londres, t. III et VII.

HAID1NGÉRITE (Miner.). Arséniate hydraté de chaux, As0 5 2CaO + |aq.

C’est un minéral très rare, qu’on trouve toujours en compagnie de la pharmacolithe, dont il présente les principaux caractères. On l’a trouvé à Alpirsbach, dans le grand-duché de Bade, et à Joachimsthal (Bohême). Il se présente en petits cristaux (prismes orthorhombiques) agglomérés, d’éclat vitreux , tendres, solubles dans les acides ; dureté, 1 ,5 à 2,5 ; densité, 2,848. Au chalumeau, il offre les réactions de l’arsenic et l’orme un émail blanc en dégageant de l’eau. HAÏDOUKS, HEIDOUKS ou HEIDOUQUES. Ce mot

vient du turc Haïdûd qui veut dire brigand. Haïdouk est lui-même emprunté au hongrois hajdu (soldat). Chez les Slaves des Balkans, Serbes et Bulgares, le haïdouk correspond au klephte grec. Les haïdouks étaient en général des chrétiens serbes ou bulgares, parfois valaques, qui du temps de la domination turque s’organisaient en bandes dans les montagnes pour échapper aux vexations des fonctionnaires osmanlis. Chaque bande avait un chef appelé hurani bâcha. Ils s’attaquaient de préférence aux Turcs, notamment aux fonctionnaires prévaricateurs, parfois aussi aux chrétiens. Quelques-uns d’entre eux ont été des chefs redoutables et ont laissé leur nom dans l’histoire : au xvi e siècle, par exemple, le haïdouk Novak et au xix c le haïdouk Velko. Les haïdouks qui ne tuaient que les Turcs n’étaient pas considérés comme des brigands ; leur situation sociale était à peu près analogue à celle des bandits corses. Parfois un haïdouk après avoir tenu la montagne pendant de longues années annonçait solennellement son intention de quitter la vie aventureuse et après avoir obtenu sa grâce du pacha rentrait dans la société. Les exploits des haïdouks ont contribué à préparer l’indépendance de la Serbie et de la Bulgarie. Ils sont célébrés par les chansons populaires. En Bosnie et en Herzégovine on appelait haïdouks les Monténégrins ou les Dalmates qui attaquaient les Turcs ou se livraient au brigandage dans les pays musulmans. En Hongrie et en Pologne le nom s’est appliqué ou s’applique aux domestiques des grandes maisons. En France, au xiu c siècle, on nommait heïduques les chasseurs qui accompagnaient les voitures de gala. Ils étaient vêtus à la hongroise et portaient l’épée. Une ordonnance royale de 1779 leur interdit de porter « cette marque distinctivede l’état militaire ». L. Léger. BtuL. : Vouk Karadjitch, Dictionnaire serbe. — Rosen, Die Balkanhaiduken ; Leipzig, 1878.

HAÏDRA. Localité de Tunisie, à 32 kil. N.-E. de Tebessa, sur l’oued Serrât, remarquable par les ruines d’une importante ville romaine, probablement Ad Medera. On y signale une citadelle, un forum, un arc de triomphe, etc. HAÏ-DZUONG. Province du Tonkin (V. ce mot). HAIE. I. Agriculture. — Les haies sont les clôtures les plus généralement employées pour séparer deux champs ou deux héritages contigus. On distingue les haies vives, qui sont formées d’arbustes ou d’arbrisseaux en végétation, et les haies sèches, faites avec des branchages. Nous ne parlerons ici que des premières, les secondes pouvant être facilement remplacées par d’autres clôtures (V. ce mot). Les haies vives sont d’un établissement économique ; elles sont solides, exigent peu de soins et constituent une barrière infranchissable lorsqu’elles sont établies dans de bonnes conditions. On devra choisir, pour la formation des haies, des arbrisseaux qui s’accommodent bien d’une croissance en lignes serrées, dont les racines n’exercent aucune infiuence fâcheuse sur les terrains environnants, et surtout qui soient bien appropriées au sol et au climat où on veut les établir. A ces deux derniers points de vue. on peut ranger les espèces dans l’ordre suivant : Région septentrionale. 1° sols argileux : aubépine, érable champêtre, houx commun, charme, orme, troène, prunellier sauvage, etc. ; 2° sols siliceux : poirier sauvage, bourdaine, châtaignier, févier, épicéa, aubépine, nerprun, maclura, etc. ; 3° sols calcaires : orme, prunier de Sainte-Lucie, saule-marceau, cytise, genévrier, épine- vinette ; 4° terrains salés : tamarix.

Région méridionale. 1° sols argileux : aubépine, paliure épineux, érable de Montpellier, mûrier blanc, chêne kermès, argousier, etc. ; 2° sols siliceux : aubépine, grenadier, acacia, olivier sauvage, prunellier sauvage, févier ; 3° sols calcaires : chêne vert, genêt d’Espagne, chêne kermès, paliure épineux, buis, alaterne, lentisque, etc. Pour établir une haie vive, on ouvre dans le courant de l’été une tranchée large d’environ 1 m. sur 60 à 80 centim. de profondeur ; la terre extraite restera sur le bord exposée aux influences atmosphériques qui l’amélioreront. La plantation se fait en automne, de préférence en novenbre et au plus tard en février, car la plupart des espèces citées plus haut commencent à végéter en mars. On choisira des plants de deux ans au moins, bien enracinés. Lorsqu’on veut établir une haie simple, on plante sur une seule ligne ; pour les haies doubles, on dispose les plants sur deux lignes. On a quelquefois tenté de faire des plantations sur trois lignes ; elles ne sont pas à recomma n