Page:Lange - Histoire du matérialisme, Pommerol, 1879, tome 2.djvu/325

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TROISIÈME PARTIE

LES SCIENCES DE LA NATURE, (SUITE.)
L’HOMME ET L’ÂME.


CHAPITRE PREMIER

La place de l’homme dans le monde animal.


Intérêt croissant pour les questions anthropologiques en face des questions cosmiques. Progrès des sciences anthropologiques. — L’application de la théorie de la descendance à l’homme va de soi. — Arrêts de Cuvier. — Découverte de restes d’hommes diluviens ; leur âge. — Traces d’une antique culture. — Influence du sentiment du beau. — La position verticale. — Naissance du langage. — La marche du développement de la culture d’abord lente, puis de plus en plus accélérée. — La question de l’espèce. — Rapports de l’homme avec le singe.


Toute l’histoire du matérialisme témoigne clairement que les questions cosmiques perdent peu à peu de leur intérêt, tandis que les questions anthropologiques soulèvent une polémique de plus en plus ardente. On pourrait croire que cette tendance anthropologique du matérialisme avait atteint son point culminant au XVIIIe siècle ; car les découvertes grandioses du XIXe siècle en chimie, physique, géologie, astronomie, ont provoqué une série de questions à l’égard desquelles le matérialisme a dû prendre une attitude déterminée. Cela pouvait se faire pourtant sans que l’on eût besoin de principes essentiellement nouveaux ou de théories passionnées et provocatrices. D’un autre côté, l’anthropologie a réalisé les progrès les plus étonnants, il est vrai, en