Page:Langelier - Lettres sur les affaires municipales de la Cité de Québec, 1868.djvu/13

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encore un mois, et précisément dans le moment où, d’après l’ancien contrat, cette exploitation est le plus profitable.

Qu’est-il arrivé ? La compagnie, peur amener le conseil à nous laisser voler par elle, avait eu l’audace de laisser la ville dans l’obscurité au moment où l’éclairage était le plus nécessaire ; on n’a pas eu un mot de blâme pour elle. Le conseil avait voulu défendre notre bourse ; on n’a pas eu de termes assez sévères pour censurer sa conduite ; on lui a reproché amèrement les efforts qu’il avait faits pour que nous ne fussions plus volés. Si l’opinion publique l’avait soutenu, il aurait pu réussir à amener la compagnie à la raison, la forcer à accepter des conditions moins onéreuses pour nos finances. Mais, pressé d’un côté par les exigences de la compagnie, en butte de l’autre, aux injustes attaques de ceux qu’il voulait défendre, il a dû céder et en passer par ce qu’on voulait. Qu’en va-t-il résulter ? C’est que nous aurons encore à payer pour l’éclairage de nos rues un prix exorbitant. Mais, je le demande, est-ce que des commissaires auraient fait mieux dans les mêmes circonstances ?


VI.


Quant à l’entretien des rues, il est important pour apprécier la condition du conseil à cet égard, de ne pas oublier la modicité des ressources dont il peut disposer pour cette partie de l’administration, et les difficultés exceptionnelles qu’elle présente. La partie basse de la ville est construite sur un terrain d’alluvion, que la moindre pluie convertit en un lac de vase. On ne peut maintenir solide la chaussée des rues, qu’à force de travaux ; on ne peut les égoutter qu’avec beaucoup de dépenses. La partie haute est remplie de côtes, qui constituent autant de torrents les jours d’orage. L’eau, dans sa descente rapide, emporte tout devant elle, et sillonne nos rues de ravins qu’il faut combler lorsque le beau temps est revenu.