Page:Langelier - Lettres sur les affaires municipales de la Cité de Québec, 1868.djvu/9

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III.


Mais on me dira : peu importe que vos conseillers municipaux aient de l’honnêteté, de l’intelligence, et soient des hommes d’affaires, s’ils n’en font pas preuve dans leur administration. — À cela je répondrai, que l’on a bien souvent dit, mais que jamais on n’a prouvé que nos affaires fussent mal administrées. Et j’espère établir, que l’on a tiré de nos ressources, un aussi bon parti que celui que l’on pouvait attendre d’une administration active et intelligente.

Que peut-on exiger, d’une bonne administration municipale ? N’est-ce pas qu’elle veille à la conservation de la santé publique, à la protection de la propriété et de la vie des citoyens ? N’est-ce pas qu’elle facilite le commerce et les approvisionnements ? N’est-ce pas qu’elle fasse tout cela en imposant des charges aussi légères que possible sur les citoyens ? En bien ! cet idéal d’une bonne administration municipale, nous ne l’avons pas, sans doute, mais je n’hésite pas à dire que nous n’en sommes pas aussi éloignés qu’on se l’imagine, que ce qui nous manque pour y arriver, nous ne l’aurons pas en décriant le conseil, et nous l’obtiendrons moins encore, en remplaçant le système actuel par des commissaires.

Commençons par la santé publique. Peut-on reprocher à notre administration municipale, de n’avoir pas pris les mesures nécessaires pour éviter les épidémies ? Tous les ans le conseil nomme, dans chaque quartier, un médecin chargé de vacciner toutes les personnes qui ne sont pas en état de payer pour ce service. Chaque fois, depuis plusieurs années, que la santé publique a été menacée, on a nommé des officiers de santé, chargés de faire observer les lois de l’hygiène et de la propreté, de fournir aux pauvres des désinfectants. Et, si l’on a pu reprocher quelque chose à ces fonctionnaires, c’est plutôt un excès de zèle que de la négligence.

Une des choses les plus importantes pour la santé d’une ville, c’est un approvisionnement