Page:Langelier - Souvenirs politiques, vol 1, 1909.djvu/170

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.
176
SOUVENIRS POLITIQUES

que tu avais été le berceau de notre race ; l’intérêt purement matériel a égaré le jugement d’hommes qui n’étaient pourtant pas dépourvus de patriotisme.

La section Est fut vendue au syndicat Senécal et la section Ouest à la compagnie du Pacifique Canadien. Le marché fut définitivement conclu cinq jours seulement avant l’ouverture des Chambres, afin de lier la députation. C’était un audacieux défi porté aux députés que l’on avait pas eu la décence de consulter sur un acte administratif d’une aussi grave importance. Le gouvernement les avait mis dans l’alternative ou de le renverser ou d’accepter la vente.

L’opposition avait prévu ce truc, car l’année précédente, en face de ce qui se préparait, elle avait proposé une motion pour défendre au gouvernement de faire aucun arrangement permanent ou temporaire, final ou provisoire, soit pour la vente, soit pour la location du chemin sans avoir au préalable, obtenu l’approbation des Chambres. Pour justifier cette motion, les libéraux disaient que M. Chapleau, si on le laissait libre, ferait comme Sir John Macdonald au sujet du Pacifique, qu’il viendrait simplement demander la ratification par les Chambres d’un marché complètement arrêté avec M. Senécal. Leur prédiction se réalisa au pied de la lettre.