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SOUVENIRS POLITIQUES

cotte comme secrétaire. Mais le gouvernement avait tellement paralysé l’action du commissaire, en limitant l’enquête, que celle-ci se termina sans avoir rien éclairci.

À la session de 1885 le gouvernement présenta un bill pour autoriser les dépenses qui seraient encourues par cette commission. Quand cette mesure ministérielle fut discutée devant la Chambre, M. Mercier se montra tacticien-parlementaire de premier ordre. Il savait très bien que l’enquête n’était pas sérieuse qu’elle n’aboutirait à rien, aussi décida-t-il de la combattre en mettant les députés ministériels dans un grand embarras. Après la lecture de la première clause un député de l’opposition proposa une motion à l’effet que la Chambre était prête à voter l’argent demandé, à la condition que le commissaire reçoive instruction de s’enquérir de telle accusation qui avait été portée au sujet de cette transaction. Les députés ministériels, qui ne soupçonnaient pas ce qui allait se passer, rejetèrent cette motion. Et, à chaque clause l’opposition continua à demander que l’enquête portât sur les faits graves qui avaient été signalés au public. Or, une fois pris dans cet engrainage il n’y avait plus moyen d’en sortir et la phalange ministérielle repoussa les quinze amendements sans trop se rendre compte du dénoncement qui allait se produire. C’est