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SOUVENIRS POLITIQUES

s’était constitué le grand prêtre, son expulsion de l’Université Laval. Des démarches importantes furent faites pour lui faire perdre sa chaire dans cette institution. Heureusement pour lui que son Chancelier était alors Mgr. Taschereau, plus tard cardinal, un homme juste et étranger à la politique. Il n’a jamais favorisé un parti politique plutôt que l’autre, il a rendu justice à tous. Il lui donna gain de cause après l’avoir entendu. « Pourquoi disait avec raison M. Langelier, serais-je à blâmer ? Je n’ai fait en ma qualité d’avocat que demander l’application d’une loi qui a été passée par un gouvernement conservateur. Le vrai coupable, — si culpabilité il y a — c’est le gouvernement qui a permis la passation de cette loi. J’ai accompli mon devoir professionnel et voilà tout. » Ce raisonnement lui assura la victoire auprès de l’Archevêque Taschereau. Depuis lors, dans toutes les luttes politiques, les bleus ne cessèrent de le désigner comme « l’avocat de l’influence indue ! »

C’est au cours de cette célèbre contestation d’élection que furent recueillis les témoignages cités plus haut. M. Tarte descendit à la Malbaie pour assister au procès. Il avait apporté avec lui de gros livres de théologie pour prouver, alléguait-il aux gens, à bord du bateau, que les curés avaient eu raison de prê-